004: La carte magique

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Le lundi 2 juillet, nous nous rendons au bureau à la première heure lettonne, donc à 8h45 (quand même pas si pire), pour y rencontrer la fille des ressources humaines qui s’occupait de notre dossier vers la fin des procédures d’immigration.  Bon, c’est sûr que le fait qu’on ait, disons, peu subtilement fait sentir à la première fille qui s’occupait de notre dossier que c’était une incompétente, l’a sans doute convaincue de transférer notre dossier à une de ses collègues.

On doit y recueillir des documents de preuve d’assurance afin de pouvoir aller passer un test de détection de la tuberculose.  C’est un test obligatoire pour ceux qui veulent habiter ici.

On nous dit d’aller à une clinique pour le test, que nous devons avoir passé pour obtenir notre carte de résidence.

La fille des RH nous dit que la clinique n’est pas loin du bureau et que ça va très vite.  On aurait le temps d’y aller avant notre rendez-vous au centre d’immigration, qui est à 9h50.  Ça nous semble serré et Francis la challenge sur son timeline.  Elle insiste que c’est en masse faisable.  Ok.

On sort dehors et appelons notre Taxify… qui, en raison de l’heure de pointe, n’arrivera que dans 10 minutes.  On fait le mauvais call de se rendre à la clinique en premier… mais étant donné le trafic, ça nous prend pas mal de temps et on n’y ait qu’à 9h15.  On sort et on demande à la clinique ou se trouve la section pour le test de tuberculose… et on comprend par la face d’incompréhension de la préposée que ça prendra plus que 5 minutes faire le test… car on arrive même pas à obtenir les informations de base.

On décide alors de reprendre tout de suite un autre Taxify vers le centre d’immigration.  La RH nous avait bien dit qu’ici, la bureaucratie règne.  Donc, si on arrivait en retard à notre rendez-vous, ce dernier allait être annulé et nous devrions en prendre un nouveau, qu’ils ne nous recevraient pas.

Évidemment… notre Taxify n’arrivera que dans 10 minutes… et là, le temps manque.  Pour ajouter à tout ça, on attrape le pire chauffeur à vie. Non seulement conduit-il comme une personne âgée un dimanche matin aux abords d’une église… mais il laisse passer devant lui un véhicule qui en remorque un autre avec une « strap ».  Évidemment, les véhicules vont à 10 km/h.  La cerise sur le sundae est que notre incompétent de chauffeur, ne parlant pas anglais une bite, a mal compris l’adresse qu’on lui a donnée et ne nous a pas apporté au bon endroit.  Il est déjà 9h51.

Il finit par trouver la bonne destination et nous courrons vers la réception du bureau de l’immigration.  Il est 9h56.   C’est là qu’on est encore une fois confronté à une logique lettonne implacable.  Au centre d’immigration, le système électronique qui émet les numéros pour être servis (un peu comme le principe à la SAAQ) n’affiche des instructions qu’en letton.  Euh… on veut immigrer… on ne parle clairement pas letton !  Oh well… on finit par trouver et, à notre surprise, le code de notre rendez-vous nous permet tout de même de recevoir un numéro, malgré le fait qu’on soit dépassé notre heure.  Fiou !

On attend 1 minute et on est appelé à un kiosque ou l’on confirme tous les renseignements, on se fait prendre en photo et on paie les frais pour un traitement accéléré pour l’émission de notre carte de résident. On l’aura dans 2 jours si on revient sur place avec un résultat négatif au test de tuberculose… qu’on doit toujours aller passer, d’ailleurs !

On se redirige donc vers la clinique du matin.  On trouve le registraire du département de radiographie.  Une jeune fille est à l’accueil, on est chanceux… on peut donc être servi en anglais.

On nous donne un numéro et on se dirige dans un corridor.  La salle de radio est toute petite.  Isabelle y va en premier, appelée après seulement 3-4 minutes d’attente.  Au bout de deux minutes, elle en ressort.  Francis suit, et prends aussi seulement deux minutes.  Bon, le préposé aux radios est définitivement en feu.  On rentre dans la salle, il nous demande pourquoi on est là.  Il nous demande de retirer nos vêtements, nous fait nous accoter contre un panneau blanc, prends la radio, nous donne un p’tit coupon en anglais qui explique que nous devons revenir le lendemain chercher le résultat, et nous mets dehors.  2 minutes, top chrono.  Spectaculairement efficace.

 

On ne peut pas aller chercher nos résultats le lendemain (mardi), car nous recevons les livraisons de notre commande Ikea et de l’équipement électronique.

On y va donc le mercredi matin, juste avant d’aller chercher notre carte de Letton.  Soulagement… nous n’avons pas la tuberculose.  Bon, ce n’est pas comme si on pensait qu’on l’avait non plus, mais bon.

On se dirige ensuite vers le centre d’immigration et, armé de notre papier d’hôpital… nous obtenons notre carte de résidence !  Woohoo !!

Il faut comprendre qu’en Lettonie, TOUT dépend de cette carte-là.

On ne peut pas rien faire, ou presque, sans.

Tant que nous l’avions pas, on ne pouvait pas travailler, pas ouvrir de compte de banque, pas s’abonner à un service public (téléphone, internet), etc.

Maintenant que nous en sommes les propriétaires, la Lettonie est à nous !!!