011: La dentiste polydent… euh, polygote !

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Cela faisait plusieurs semaines que nous cherchions du popcorn à Riga.  Bon, pas le popcorn d’Orville car nous n’avons pas de micro-ondes.  Orville n’est pas encore Letton, mais il a accouché de plusieurs cousins russes qui offrent le même genre de produit.

Non, ce que nous cherchions était plutôt les grains de popcorn afin que nous puissions les faire éclater nous-même dans la casserole.  Une grosse excuse pour passer notre sel de truffe acheté en Arizona avec Élaine et Mike… et que Martine et Marc-André ont particulièrement aimé, tout comme nous !

On en a finalement trouvé à une épicerie et, comme c’était rare et que Francis a un trouble d’accumulation… on a vidé le rack !

 

 

Bref, dimanche dernier, on soupe au popcorn au sel de truffe, tout en faisant un Skype.  Après quelques poignées de popcorn, Francis pense qu’il a morceau de graine (de popcorn, on se calme !) pogné dans les dents.  Ce n’est pas comme si ça n’arrivait jamais en mangeant ça !

Après quelques brossages de dents, il se rend compte que ce n’est finalement pas ça… mais que c’est plutôt un morceau d’une de ses dents inférieures qui est parti… et qu’il a sûrement avalé, involontairement.

Bien que ça ne lui fasse pas mal, c’était inconfortable.

Le lundi, il communique avec des dentistes Rigois qui nous avaient été recommandés par l’agence de relocalisation avec laquelle nous avons fait affaires pour nous trouver notre logement.

Sur les deux qu’il contacte, un seul le rappelle.  Une femme qui a son cabinet à un coin de rue de notre logement.  Situation idéale !  Francis a un rendez-vous jeudi soir !

 

 

Lorsqu’il arrive sur place, il est accueilli par… personne !  En fait, la réceptionniste est également l’assistante-dentaire… et ils étaient en pleine intervention lors de l’arrivée de Francis.  Ok…  La salle d’attente est étrangement garnie de plusieurs drapeaux norvégiens.  Étrange, mais bon… la dentiste est peut-être norvégienne, après tout.

Francis s’assoit dans la « salle d’attente », occupée par quelques personnes déjà.  Environ 15 minutes plus tard, son tour arrive.  La dentiste, une grande blonde dans la mi- quarantaine (mais qui ne les fait pas) l’accueille en Letton (ce bout-là, on le maîtrise !).  La discussion passe rapidement à l’anglais par contre.  Elle pourrait donc effectivement être norvégienne.

Sur la chaise, elle lui demande d’où il vient.  « Canada !  Est-ce que vous êtes diplomates ? »  Content de savoir qu’il a l’air d’un diplomate pour les Rigois !  « Non, Circle K ».  Elle demande ensuite de quelle région du Canada il vient.  « Montréal ».  « Ah, Montréal ! Vous parlez français alors ? » dit-elle d’un français beaucoup trop impeccable pour être vrai.  WTF !!!

La discussion change alors (encore !) au français.  Non seulement parlait-elle français, mais elle le parlait mieux que l’anglais. Et par parler… ce n’est pas « bonjour », «  ça va » et « voulez-vous coucher avec moi ce soir » (question à laquelle je n’aurais jamais osé répondre !!!)… mais plutôt l’utilisation de termes techniques comme « détartrage », « couronne » et « anesthésie ».  On est ailleurs.

La curiosité de Francis amène la question, « combien de langues parlez-vous ? ».  Tout bonnement et sans avoir l’air fier du tout, la réponse fut « Six.  Letton, Russe, Anglais, Français, Italien et… Norvégien.  J’ai beaucoup de clients norvégiens.  Le tourisme dentaire est une très bonne clientèle pour moi. »  Double WTF !!!

Ok, donc les scandinaves viennent à Riga se faire arranger les dents parce que ça coûte significativement moins cher.  Intéressant.

Elle regarde la bouche de Francis et lui propose de « patcher » le morceau de dent maintenant manquant.  Solution potentiellement temporaire car elle ne garantit pas que le « patchage » tiendra.  Sinon, solution couronne.  Le « patchage » est accepté.

Elle demande ensuite s’il veut être gelé… car elle fera un trou dans la dent avec une « drill ».  Euh… fuck oui !  Mais comme l’anesthésie durera environ 6 heures… et qu’elle est assez confiante que Francis ne sentira rien… l’anesthésie est alors écartée.  Dans les faits, elle avait raison, aucune sensation n’a été ressentie.

Par contre ici… la ouate est appliquée généreusement dans la bouche.  À peine deux minutes sur la chaise avec la drill dans la main de la dentiste, son assistante s’affairait à s’assurer que la gueule de Francis avait l’air d’un ours en peluche rempli à pleine capacité.  Pas mêlant, si quelqu’un frappait un bulls-eye, il gagnait Francis comme toutou à la fête foraine du coin !

Et c’est là que la dentiste a fait connaissance avec Reflex… Gag, Reflex !  Oh… les hauts-de-cœur se sont enchaînés comme si demain n’avait pas de fin !  Aucune vomissure par contre… Francis a fait ça comme un grand.

25 minutes après son arrivée, Francis est sorti du cabinet avec sa dent réparée.  €50 que ça lui a coûté… une vraie aubaine d’un point de vue Canadien.  Surtout que ça dû coûté au moins €40 en ouates à la dentiste durant l’intervention !!

 

L’efficacité des professionnels de la santé fera l’objet d’un futur billet… mais c’est incroyablement bien rôdé ici.

Bref, tout est bien qui finit bien.  Le grain de popcorn nous a permis de découvrir une dentiste, Olga, qui s’occupera de nous pendant nos deux années ici… et que nous avons déjà référé à qui veut l’entendre.

 

Notre carabine à plomb est prête… on veut gagner un toutou rempli de ouate !!!